Moynat : Malletier parisien depuis 1849

Lorsque j’ai ouï-dire qu’un nouveau malletier venait de s’installer à Paris, mon intérêt grandit de jour en jour. Force de pugnacité et d’un surf acharné, je réussis enfin à remettre les pièces du puzzle dans le bon sens. Moynat n’est pas nouveau dans le monde exigu des fabricants de malles. Depuis ma visite des ateliers Louis Vuitton d’Asnières sur Seine et mon désir de découvrir d’autres malletiers ne tarit pas.

Mais qui connaît MOYNAT ? Seuls quelques collectionneurs poussiéreux se souviennent des premiers modèles et de l’aura de la marque. Fondée en 1849, soit cinq ans avant Louis Vuitton, dans le quartier de l’Opéra, la maison Moynat est née de l’association de la marchande Pauline Moynat et d’Octavie et François Coulembier, une famille d’artisans layetier-emballeurs. Moynat dès ses premières années d’existence se démarqua par son innovation, ils préférèrent l’utilisation de l’osier et de la gutta-percha (une gomme issue du latex naturel obtenu à partir de feuilles d’arbres de l’espèce Palaquium gutta) afin de rendre les malles plus légères et plus étanches que les malles  en cuir et caoutchouc de l’époque. A cette époque de découverte de nouvelles terres, de voyage et d’exotisme, chaque gramme gagné était accueilli à bras ouvert, à tel point que la marque Moynat devient très vite une référence en matière d’articles de voyage et le spécialiste  des bagages pour automobiles.

La maison participe alors aux Exposition Universelles (1900, 1911) et connaît la consécration en 1925. Alors que l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels bat son plein, Moynat présente   la  malle de maroquin rouge, une malle  qui mélange les savoir-faire de la maroquinerie, la marqueterie, la boiserie, et la bijouterie. C’est précisément à cette période, que Moynat entame un virage les menant à toucher plus largement le public parisien. La marque se lance alors dans un grand choix d’articles de maroquinerie, de textile, de papeterie et d’art de la table : l’invasion Moynat est en marche.

Mais l’Histoire vient bouleverser cette ascension prometteuse, la IIe Guerre Mondiale change la donne, le malletier se voit contraint de fermer certaines de ses usines, le déclin fut long et ce n’est qu’en 1976 que la marque fermera définitivement ses portes. Mais que s’est il passé depuis cette sombre année ? Rien, les projets et dessins de Moynat sont restés jalousement enfermés dans des coffres jusqu’à ce que Bernard Arnault se penche sur les archives de la marque.

Pour rendre les lettres de noblesses au principal concurrent de Louis Vuitton de l’époque, le magna a fait appel à Guillaume Davin (ex-vice-président de Louis Vuitton Japon) et Ramesh Nair, un créateur indien qui a fait ses classes chez Hermès, Christian Lacroix et Yohji Yamamoto, une équipe parfaite pour une renaissance inespérée ! Mais ce n’est pas tout, c’est là que l’émotion est entière, la production est relancée dans des ateliers de ma Bourgogne natale avec des artisans spécialisés au nombre de 6, 6 heureux élus. Prolongeant le travail amorcé par LVMH pour les Journées Particulières, le groupe perpétue l’art de la séduction et la continuité de l’histoire, ainsi Guillaume Davin (PDG de la marque et ancien manager de Louis Vuitton et de Sephora) a expliqué au WWD : « Le but premier n’est pas de vendre mais de raconter une histoire« 

Moynat, nouvelle, vendra des sacs à main (entre 1800€ et 24 000€) et des malles mettant l’accent sur les anses et les fermoirs (obsession de fondateurs de la marque), dans sa toute nouvelle boutique du 348, rue Saint-Honoré, à Paris, entre ses concurrents Goyard et Hermès.

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