Instant Search

L’histoire de la mode : Jean Patou

Voici le deuxième épisode de nos « Portraits de créateurs » : aujourd’hui nous mettons la lumière sur Jean Patou. Plus connu pour ses créations olfactives (souvenez-vous de JOY, le parfum le plus cher du monde), Jean Patou fut à la tête d’une des plus grandes maisons de couture de l’entre deux guerres. Issu d’une famille de tanneurs (son père tenait une chamoiserie), il ouvre tout naturellement son premier magasin de fourrure à l’âge de 23 ans à Paris. Cuisant échec pour celui qui rêvait d’habiller le Paris chic. En 1914, il décide d’ouvrir sa propre maison de couture mais la Première Guerre Mondiale le coupe dans son élan.

Il revient à la fin des combats et lance une collection pour les femmes actives : l’innovation est au coeur de ses créations. Il a su répondre aux demandes des femmes au sortir de la guerre et rencontre un franc succès.

Jean Patou devient incontournable aux quatres coins de la France, son nom est sur toutes les lèvres. Le personnage exubérant fascine, il anime les salons parisiens, et en quelques années il devient l’égal de la maison Chanel. Son amie américaine Elsa Maxwell disait de lui : « Ses succès au jeu, ses aventures, ses extravagances agissaient sur les femmes comme sur des aimants et elles se précipitaient dans sa maison de couture sous prétexte de s’habiller ».

Jean Patou, que beaucoup ont oublié aujourd’hui, fait partie de l’histoire de la mode. Il est le premier à faire venir ses mannequins des Etats-Unis pour les défilés, il continue la mise en scène débutée quelques années auparvant par Worth, la mise en mouvement des créations devient monnaie courante.

Sa réputation traverse l’Atlantique  et ses créations ravissent les riches américaines, l’essort de la couture française lui doit beaucoup. Nous devons à Jean Patou un élément de la garde-robe que toutes les sportives portent et porteront : la jupe courte qu’il a imaginé pour la tennis-woman Suzanne Lenglen ainsi que le premier monogramme « JP » … et oui Vuitton n’a fait que suivre !

En 1923, il étoffe son activité et se lance avec son beau-frère dans la parfumerie, domaine qui pour lui n’est que le prolongement de la couture. Il propose ainsi un parfum pour chaque femme : Amour-Amour pour les blondes, Que sais-je ? pour les brunes, et Adieu sagesse pour les rousses. Il confie les rênes des ateliers parfumeurs à Henri Alméras qui rapidemment élabore un parfum hors du commun avec pas moins de 10 000 fleurs de jasmin de Grasse et 28 douzaines de roses pour 3 centilitres, « Joy, le parfum le plus cher au monde ».

Alors que la vie sourit à Jean Patou, ses créations innondant le monde la mode, le créateurs-parfumeur décède brutalement en 1936 à l’âge de 49 ans laissant derrière lui une des plus belles entreprises françaises, synonyme de délicatesse et de raffinement. Sa maison de couture fane peu à peu pour disparaitre en 1987 sous Michel Goma alors que survit toujours la division parfumerie appartenant à l’entité « Procter & Gamble » …

  • Merci, j’adore plonger mon nez dans ses effluves passées ! Je viens de finir le beau livre sur Mme Grès acheté à l’expo magnifique. Un petit résumé bientôt chez moi. En voilà une grande dame (bon elle était pas facile, une dame de fer !) aussi !

    • Je suis ravi que cela te plaise ! cette série d’article nous tient vraiment à coeur. Nous en avons encore sous le coude, ne pars pas trop loin ;). Madame Grès fut pour nous la plus belle expo depuis longtemps, si on écarte McQueen …

  • Dylett

    Qu’il est regrettable de ne pouvoir admirer un défilé de mode Jean PATOU, ou revoir quelques mannequins portant les créations Jean Patou.
    J’ai beaucoup aimé ses modèles.

  • A l’occasion venez nous rendre visite sur notre blog