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Steffie Christiaens, l’art des éléments

La fashion week nous réserve régulièrement des surprises. Glissé dans le plus bel écrin, le Musée de la Monnaie, le défilé de Steffie Christiaens nous a une nouvelle fois démontré que la création avait de beaux jours devant elle.

Christiaens, pour son premier défilé de prêt à porter, nous a habilement présenté le fruit de plusieurs années de réflexion.  Mais revenons sur son parcours : Steffie Christiaens, elève en dernière année à l’IFM, était finaliste (tout comme le chouchou parisien Maxime Simoens) du Festival de la Mode et de la photographie d’Hyères en 2009. Je rapproche son travail de celui de Stéphane Rolland dans les formes et matières utilisées, la délicatesse des coupes et la mise en valeur des courbes du corps. Mais au delà, cette particularité Steffie Christiaens réalise un travail de recherche sur les Eléments et leurs applications sur le textile.

Je m’explique, l’approche expérimentale de la mode telle que la conçoit Christiaens frôle la quête alchimique. Elle travaille sans relâche sur les effets des éléments sur les tissus. Le Modalogue, véritable observateur de la mode, nous livre une étude léchée du travail de la jeune styliste dont il suit le travail depuis 2009: « après avori étudié les effets du vent sur le tissu, elle observe les effets du feu et de la chaleur sur le vêtement, comment sa structure et son apparence en est modifiée« .

Comment décrire le travail imprimé sur les tissus ? Courbes, volutes, volumes, plis doux, vagues, torsions, douceur, contraintes, simplicité et complexité : voici tous les moments qui me viennent en regardant les photos de son premier défilé. Sa création ne trahit en rien sa jeunesse, sa fougue, tous ses vêtements sont empreints de réflexion et d’intelligence, comme si sommeillait en elle un illustre couturier … Un détail qui pourtant conditionnera sa vision créatrice « un jour de vent, en filmant un cerisier couvert d’un filet elle a une révélation pour sa collection, elle en comprend alors le potentiel à la fois poétique et dynamique et décide d’explorer l’image des déplacements d’air sur les matières et les volumes des habits … » elle devient alors la styliste libre, libre comme le vent.

Son travail ne peut bien évidement se résumer à la forme, il faut aussi observer la recherche de la couleur, étudiée pour construire un parallèle entre les éléments et notre interprétation. Certains seront sûrement choqués de voir évoluer en même temps du bleu et du noir intense et pourtant Christiaens nous livre une explication de plus claire, le bleu cobalt est la couleur du cône de la flamme, le gris la couleur de la cendre, et le noir celle du charbon. Du vent la styliste a glissé vers le feu, un élément qu’elle affectionne particulièrement pour son dynamisme et une fois de plus sa liberté …