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Basquiat s’installe à Paris

Basquiat est mort comme il a vécu. Ce jeune artiste qui se décrivait lui-même comme peintre et non comme comme un adepte des graffitis a marqué l’art du XXe siècle d’une empreinte dont on aurait du mal à se défaire. Je retrace son parcours avant de vous livrer mon impression.

Jean Michel Basquiat, né en 1960, mort 28 ans plus tard, sensibilisé dès son enfance à l’art grâce à sa mère qui le traîne dans les musées new-yorkais. Vers 7 ans, suite à un accident de voiture et une longue hospitalisation sa mère lui offre le « Gray’s Anatomy », ouvrage de médecine qui inspirera la première partie de son Art.

Puis il se met à peindre dans la rue avec Diaz, signant ses toiles urbaines de l’acronyme SAMO (Same Old Shit). Il quitte la maison familiale à 18 ans et vend des T-shirts pour vivre, puis fréquente les boîtes underground tendances jusqu’au jour où il rencontre Andy Warhol : un tournant dans sa vie et sa courte carrière.

Il sombre doucement mais sûrement dans la drogue (héroïne et cocaïne) ce qui aura une grande influence sur ses représentations graphiques, sa perception de la mort et de ce qui l’entoure.

J’en viens à ma propre perception des oeuvres de Basquiat présentées au Musée d’Art Moderne de Paris. Gracieusement invité par l’agence en3mots, j’ai rapidement découvert les oeuvres de l’artiste.

Le musée a joué la carte du grandiose en exposant un très grand nombre de ses peintures, dessins et même un frigo ! Je travaille comme infirmier en psychiatrie, la souffrance je ne connais que trop bien, et là salle après salle je n’ai vu que la souffrance d’un jeune désoeuvré presque désincarné. Ses corps transparents, ses multitudes de mots gravés sans lien, cette violence et frénésie que traduisent ses traits et autres coups de pinceaux, m’ont étouffé et torturé pendant toute la visite. Je suis un adepte des musées, de l’art contemporain, ce que j’y recherche est une émotion particulière, loin de toute intellectualisation, de la brutalité amygdalienne et là je dois vous avouer que j’ai été servi.

Alors oui on sent une progression dans son travail, enfin surtout dans les rencontres que Basquiat a fait et encore plus dans son état d’esprit voire son niveau de souffrance. Suzanne Mallouk, sa compagne, dira qu’elle pouvait reconnaître l’influence de la drogue sur ses peintures, sous héroïne son trait était différent que sous cocaïne ! Eloquent …

Je suis sorti de cette exposition, interloqué et ému à la fois. Jean-Michel Basquiat, avant d’être un excellent peintre n’est il pas le symptôme d’une maladie contemporaine ? A méditer…

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
11 avenue du Président Wilson Paris 16

Tarifs
Plein tarif : 11 €
– Tarif réduit : 8 €

11 comments

    • tu as raison c’est quand même mieux quand l’ambiance est calme et la vue dégagée, j’aimerais tant être seul en pleine nuit pour certaines expositions…

  1. Très intéressant ton article, merci pour ton point de vue 🙂
    J’ai prévu d’aller à cette expo bien que je ne connaisse pas Basquiat et je dois dire que ton appréciation me fait stresser un peu… Mais c’est le jeu des expos 😉

  2. A voir absolument, surtout pour ne pas réduire Basquiat a ses prises de drogues, le doc de Vecchiet Basquiat, une vie, qu’arte vient de sortir en vidéo et qui file la pêche http://t.co/fnO6EX9 dites m’en des nouvelles.

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