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Men Fashion Week : Cerruti

Boudé par les défilés, écrasé par la chaleur de ce début d’été, j’ai une fois de plus parcouru tout Paris à la recherche de ces gueules qui errent aux alentour des podiums. Vendredi, le lieu s’y prêtait parfaitement. Tel un écrin, le Jardin des Plantes accueillait le défilé de Cerruti et ses modèles hommes, comme sortis d’un moule estampillé « James Dean ». Mon bonheur frôlait le paroxysme, le soleil cuisant mes craintes de rater le moment parfait, je tombe nez à nez avec cette île aux éphèbes…

Ici, les photographes travaillent. Vous êtes prier de ne pas les déranger. Les magasines envoient leurs stagiaires prendre les plus beau look, carnet bien accroché, stylo armé, ils détaillent le moindre pli, la plus insignifiante des association. « Dans la mode, on ne s’amuse pas monsieur » ai-je entendu ! Évidement, derrière ce que nous pouvons voir des paillettes, il y a le business, la pression, les valeurs d’une Maison…

Peu importe, je m’affranchis de ces codes trop rigides pour ne garder que les émotions de l’instant. Je m’approche, je scrute, à la recherche de l’angle et de la lumière qui toute la nuit m’a obsédé. Dans la moiteur de mes draps, mes rêves s’enchainent, les idées se bousculent, résonnent en moi « demain, demain, demain, la lumière, les visages, les regards, l’instant« .

Je me sens irrémédiablement attiré par le panneau Backstage, je sens la tension qui s’échappe du Pavillon et la fraicheur candide des modèles. Je les vois, là en pleine détente. Comme une ultime pause avant le combat en 1 round. Je suis surpris par leurs gueules, si jeunes et pourtant si marquées. Au fond de leurs yeux flottent une angoisse, un vide. Le nom de leurs défunts camarades, Ambrose Olsen, Daul Kim, Tom Nicon… usés par trop de sollicitations, étouffés sous les strass, résonnent encore !

Je shoote, je leur vole une partie de leur souffrance, une partie de leur beauté. Je les remercie d’un léger sourire gêné, comme si je venais de commettre un acte horrible… Même si j’aime la photographie à en crever, je suis toujours partagé, ambivalent. La photo est un instantané, oui, mais elle dérobe un instant de la vie du modèle. A jamais ce moment m’appartient, de quel droit ? Je crois que je chercherai continuellement cette réponse, c’est peut être ce après quoi je cours en déclenchant l’obturateur…

Ecrit par Nicolas

  • Très très beau texte… et les photos des mannequins hommes sont juste yummy yummy ! Je devrais vraiment m’intéresser aux défilés hommes (bah quoi :-P) !

  • Chouettes photos et instants volés (continue surtout en gardant ton léger sourire gêné!)
    J’aime beaucoup la première et la deuxième photo

  • sophie

    J’espère que tu ne trouveras pas ta réponse avant de longues années, je pourrais ainsi continuer à me délecter de TON art … Merci.

  • Carole

    J’adore tes photos!! Ils ne sont pas tous à mon goût mais on sent le côté éphèbe (excusez du peu lol).. LIKE!